Du collectivisme, ou l'art de décider pour autrui
Le collectivisme part d'une intention charmante : confier à une autorité éclairée ce que chacun, livré à lui-même, ferait forcément de travers. L'ennui, c'est que l'autorité éclairée est composée d'hommes, lesquels ont la fâcheuse habitude de ne pas l'être davantage que leurs administrés. Le XXe siècle a mené l'expérience à grande échelle, avec des résultats que l'on qualifiera, par charité, de peu concluants. Friedrich Hayek, dans La Route de la servitude (1944), a montré que qui concentre le pouvoir économique finit par concentrer l'autre aussi. La coopération libre, le contrat et l'échange ont ce mérite modeste : ils ne prétendent pas savoir mieux que vous ce que vous voulez.
Du wokisme, ou la vertu en tribunal permanent
Combattre l'injustice est une noble cause ; nul ici ne songe à s'en dispenser. Mais assigner chacun à la case de sa naissance, juger une idée sur la mine de son auteur, déboulonner le passé faute de pouvoir le comprendre et confier le débat à un comité de surveillance des pensées, voilà qui tourne le dos aux Lumières avec une assurance confondante. Je préfère l'individu à la tribu, la contradiction au catéchisme, l'égalité devant la loi à l'égalité des ressentiments. C'est démodé, paraît-il. Les bonnes choses le sont souvent.
De l'impôt, ou la gabelle qui s'ignore
Selon l'Institut économique Molinari, le salarié moyen français a dû travailler en 2026 jusqu'au 22 juillet pour s'acquitter de ses cotisations sociales, de son impôt sur le revenu et de la TVA : 55,6 % du coût de son travail partent en prélèvements, et c'est la date la plus tardive de l'Union européenne (La pression sociale et fiscale réelle du salarié moyen au sein de l'UE en 2026, 17e édition, juillet 2026). Une médaille d'or dont on se passerait volontiers. L'impôt est nécessaire : il paie les juges, les soldats, les gendarmes, et c'est fort bien. Son excès, en revanche, décourage le travail, punit l'épargne et invite les talents à goûter d'autres climats. Nos aïeux pestaient contre la gabelle ; nous avons inventé mieux, et en plus grand nombre. Ce que l'État prend, il le prend toujours à quelqu'un, cela va mieux en le disant. Moins d'impôts, mieux d'État : le programme tient en quatre mots, ce qui le distingue avantageusement du code général des impôts.